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Guyane : les Pitons rocheux de la forêt de l’Armontabo classés en réserve biologique intégrale

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Les Pitons rocheux de la forêt de l’Armontabo en Guyane sont classés en réserve biologique intégrale (RBI), soit le niveau le plus élevé de protection mis en œuvre dans les forêts domaniales, par l’Arrêté ministériel du 8 juin 2026.

Dans le cadre de la Stratégie nationale pour les aires protégées (SNAP) et de la Stratégie nationale pour la biodiversité 2030, l’Arrêté du 8 juin 2026 portant création de la réserve biologique intégrale (RBI) des Pitons rocheux de l’Armontabo (Guyane) et approbation de son premier plan de gestion vient d’être adopté aux côtés de huit autres réserves créées et gérées par l’ONF.

Avec ces nouvelles réserves, la France poursuit sa trajectoire vers l’objectif de 10 % du territoire terrestre sous protection forte d’ici 2030, la part du territoire atteignant désormais 6,43 %, contre 6,2 %, et la dynamique contribuant à l’objectif de 250 000 hectares supplémentaires de forêts protégées d’ici 2030, dont 180 000 hectares en Guyane. 

L’arrêté susvisé crée ainsi la plus vaste RBI de France « au cœur d’une forêt tropicale d’une naturalité exceptionnelle » d’une surface de 156 290 hectares, soit la totalité de la forêt domaniale de l’Armontabo sur les communes de Régina-Kaw et de Saint-Georges-de-l’Oyapock en Guyane (pour plus de détails sur cette forêt).

Ce classement en RBI représente le plus haut niveau de protection dans les forêts domaniales. Il implique de laisser les forêts évoluer librement, sans exploitation, pour que s’y exprime leur dynamique naturelle.

Au-delà de leur rôle de protection de la biodiversité, qui est prioritaire, les réserves biologiques intégrales constituent des sites de référence pour les études naturalistes, le suivi de l’évolution des milieux et la recherche. En laissant les processus naturels s’exprimer librement, elles permettent de mieux comprendre l’évolution des forêts, l’adaptation au changement climatique ou encore le rôle de la biodiversité dans la résilience des écosystèmes.

L’objectif principal de la RBI des Pitons rocheux de l’Armontabo est ainsi « la libre expression des processus d’évolution naturelle d’écosystèmes forestiers représentatifs de l’est de la Guyane, à des fins de préservation de la diversité biologique, de protection d’habitats et d’espèces remarquables, et de développement des connaissances scientifiques ».

Elle est gérée conformément à un plan de gestion pour la période 2022-2041. 

Toute exploitation forestière et toute autre intervention humaine susceptible de modifier la composition, la structure ou le fonctionnement des habitats naturels y est interdite, à l’exception d’un certain nombre d’actions ou de travaux listés dans le plan de gestion de la réserve et réalisés sous le contrôle de l’ONF.

De plus, afin d’atteindre les objectifs de la réserve biologique et pour la sécurité du public, les autres activités humaines sont autorisées mais réglementées. 

Ainsi : 

- la fréquentation par le public est autorisée. Les opérateurs touristiques devront au préalable demander l'autorisation de l'ONF ;

- la chasse et la pêche sont autorisées selon la réglementation en vigueur sur le territoire guyanais ;

- la cueillette et toute forme de prélèvement ou autre atteinte aux végétaux, animaux, champignons, roches ou minéraux sont interdites, à l'exception :

- des travaux mentionnés aux articles 4 et 5 ;

- des études ;

- de la chasse et de la pêche ;

- de l'implantation de bivouacs ;

- les bivouacs et les feux sont interdits sur les inselbergs et les savanes-roches ;

- la création ou le balisage de sentiers sont interdits, sauf pour les besoins de gestion de la réserve ou avec l'autorisation de l'ONF ;

- l'escalade est interdite ;

- la création de tout autre équipement est interdite, sauf équipements légers prévus par le plan de gestion ou autorisés par l'ONF, ou équipements d'intérêt public ;

- à l'exception des pirogues à moteur la pénétration de tout véhicule est interdite, hormis pour :

- les actions de gestion de la réserve ;

- l'utilisation de la piste d'accès au relais téléphonique, pour les seuls ayants droit, pour la maintenance de cet équipement ;

- les missions de police ou de secours ;

- les posés d'hélicoptères sont interdits, hormis pour :

- les actions de gestion de la réserve ;

- la maintenance du relais téléphonique ;

- les missions de police ou de secours ;

- toute activité de recherche ou d'exploitation minière ou de carrière est interdite ;

- les études non prévues au plan de gestion sont soumises à autorisation de l'ONF. 

Ces diverses dispositions s’appliquent sans préjudice des réglementations générales ou particulières, notamment la protection réglementaire de certaines espèces animales ou végétales, l’interdiction de l’abandon de déchets ou la soumission à l’autorisation de l’ONF de toute activité commerciale.

Conformément à l’article R. 261-1 du Code forestier enfin, les infractions sont punies de la peine d’amende prévue pour les contraventions de quatrième classe.

Zone(s) géographique(s) :
Date :
08/06/2026
Type d'actualité :
Juridique