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Martinique : suspension de l’arrêté 2025/2026 portant ouverture de la chasse en ce qui concerne certains charadriiformes et ansériformes

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Saison de chasse après saison de chasse, les arrêtés préfectoraux portant ouverture de la chasse aux oiseaux sauvages en Martinique, sont suspendus ou annulés, totalement ou partiellementC’est au tour du millésime 2025-2026, à savoir l’arrêté préfectoral du 21 juillet 2025, d’être suspendu par une ordonnance du tribunal administratif de Martinique en date du 2 octobre 2025 (n° 2500587) pour ce qui concerne le Pluvier bronzé, le Grand chevalier à pattes jaunes, le Chevalier semi-palmé, le Bécasseau à échasses, la Bécassine de Wilson, la Sarcelle à ailes bleues, le Pigeon à cou rouge et du Moqueur corossol dont la chasse était ouverte du 27 juillet au 30 novembre 2025.

Plusieurs associations, à savoir la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), l’association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), l’association pour la sauvegarde et la réhabilitation de la faune des Antilles (ASFA), l’association des mateurs amicaux des z’oiseaux et de la nature aux Antilles (AMAZONA) et l’association pour l’étude et la protection de la vie sauvage dans les petites Antilles (AEVA) saisissent le juge des référés en vue de suspendre les effets de l’arrêté préfectoral du 21 juillet 2025 portant ouverture de la période générale de chasse pour l’année 2025-2026.

Les associations demandent notamment la suspension concernant : 

  • l’absence d’interdiction de la chasse des espèces de charadriiformes (Pluvier bronzé, Grand chevalier à pattes jaunes, Chevalier semipalmé, Bécasseau à échasses, Bécasseau à poitrine cendrée, Bécassine de Wilson) et des espèces d’ansériformes (Sarcelle à ailes bleues, Dendrocygne à ventre noir, Fuligule à collier et Fuligule à tête noire) ; 

  • l’autorisation de la chasse du Pigeon à cou rouge et du Moqueur corossol. 

Le juge des référés considère d’abord que la condition d’urgence est remplie, l’arrêté portant atteinte de manière suffisamment grave et immédiate aux intérêts que les associations requérantes défendent, en termes de dégâts potentiellement importants sur l’état de conservation de ces espèces dans le département, sans qu’aucun motif d’intérêt général – tel par exemple que les nécessités de régulation des espèces –, ne soit invoqué. 

Poursuivant son analyse, le juge des référés retient que le moyen tiré de l’erreur d’appréciation du Préfet à autoriser la chasse de certaines espèces est susceptible de créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté. 

Le juge des référés s’appuie sur le statut scientifique des espèces telles que classées sur la liste rouge de l’UICN. Ainsi, concernant le Pigeon à cou rouge et le Moqueur corossol, il retient que la période de reproduction s’étend de mars à octobre, que ces espèces sont classées en « espèces quasi-menacées » sur la liste rouge de l’UICN, classement qui correspond aux espèces proches du seuil des espèces menacées ou qui pourraient l’être si des mesures de conservation spécifiques n’étaient pas prises. Concernant la Sarcelle à ailes bleues, le juge considère qu’elle fait l’objet du même classement, ce qui révèle un état de mauvaise conservation de l’espèce. Il en va de même du Bécasseau à échasses, du Grand chevalier à pattes jaunes, de la Bécassine de Wilson et du Chevalier semi-palmé classés dans la catégorie des espèces « quasi-menacées » depuis en 2024. Quant au Pluvier bronzé, le juge des référés relève qu’il est classé « vulnérable » sur la liste UICN au niveau local. 

Au surplus, le juge des référés prend en considération les tendances d’évolution du Bécasseau à échasses, du Pluvier bronzé et du Chevalier semi-palmé qui sont en déclin. 

Dans ces conditions, et en dépit des quotas annuels de prélèvement fixés dans l’arrêté pour chaque espèce, le juge des référés suspend l’arrêté en cause en tant qu’il autorisait la chasse, du 27 juillet au 30 novembre 2025, des espèces de charadriiformes (Pluvier bronzé, Grand chevalier à pattes jaunes, Chevalier semi-palmé, Bécasseau à échasses, Bécassine de Wilson), des espèces d’ansériformes (Sarcelle à ailes bleues), et du Pigeon à cou rouge et du Moqueur corossol. En revanche, l’arrêté n’est pas suspendu concernant le Bécasseau à poitrine cendrée, le Dendrocygne à ventre noir, le Fuligule à collier et le Fulligulle à tête noire. 

Pour aller plus loin : 

Site Internet de la DEAL de la Martinique

Zone(s) géographique(s) :
Date :
02/10/2025
Type d'actualité :
Juridique