Pêche des bichiques à La Réunion : un dispositif réglementaire renforcé

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L’arrêté préfectoral n° 2026-1319/SG/SCOPP du 17 août 2026 réglementant la pêche des bichiques dans les eaux marines et fluviales de La Réunion vise à enrayer la dégradation des populations de bichiques, alevins de deux espèces de cabots bouche-ronde : Cotylopus acutipinnis et Sicyopterus lagocephalus. Il s’inscrit dans la continuité de l’arrêté préfectoral n° 2021-2687/SG/SGOPP du 30 décembre 2021 qu’il abroge et remplace, tout en apportant plusieurs évolutions au dispositif. 

L’arrêté préfectoral n° 2026-1319/SG/SCOPP du 17 août 2026 réglementant la pêche des bichiques dans les eaux marines et fluviales de La Réunion fixe les nouvelles règles encadrant la pêche des alevins de deux espèce de cabots bouche-ronde : Cotylopus acutipinnis et Sicyopterus lagocephalus.

Il vise à enrayer la dégradation de l’état de conservation de ces espèces qui se poursuit, en particulier pour Cotylopus acutipinnis, espèce endémique de La Réunion et Maurice, évaluée en danger d’extinction selon les critères des listes rouges régionales de I’UICN. 

Cette révision intervient alors que les mesures instaurées en 2021 n’ont pas permis d’enrayer le déclin des populations. Le texte de 2026 s’appuie ainsi sur le retour d’expérience des années précédentes pour renforcer et préciser certaines règles, sans constituer pour autant une refonte intégrale de la réglementation.

Les principales évolutions sont les suivantes.

Des objectifs de gestion des stocks davantage formalisés. Si l’arrêté de 2021 visait déjà la préservation de la ressource et prévoyait un suivi des populations, celui de 2026 met davantage l’accent sur la reconstitution des stocks, en s’appuyant sur le suivi de l’état des populations et des captures déclarées. Il fixe un objectif intermédiaire de stabilisation des stocks à cinq ans et prévoit une réévaluation du dispositif à cette échéance, sans exclure un renforcement anticipé des mesures au titre du principe de précaution. L’objectif à plus long terme est de retrouver des niveaux de population et de captures comparables à ceux observés au XXᵉ siècle.

Un calendrier de pêche désormais fondé sur les « lunes bichiques ». La saison de pêche demeure limitée à six mois, mais ses dates d’ouverture et de fermeture ne reposent plus sur un calendrier civil fixe (de septembre à février selon le texte de 2021) : elles sont déterminées en fonction des lunes bichiques. Cette évolution vise à mieux adapter la réglementation au cycle biologique des espèces. Le calendrier est établi à l’avance pour les cinq saisons à venir, tandis que les horaires de pêche restent inchangés.

Un renforcement du zonage maritime. Le périmètre des interdictions de pêche maritime au niveau des embouchures est étendu à deux rivières supplémentaires. Le dispositif concerne ainsi 14 rivières à enjeu, contre 12 dans l’arrêté de 2021.

Des précisions concernant les sanctions. Le régime de sanctions pénales et administratives renvoie au code rural et de la pêche maritime, au code de l’environnement et au code général de la propriété des personnes publiques, mais le texte de 2026 précise désormais qu’une infraction à l’arrêté entraine le rejet de toute demande de renouvellement de titre individuel de pêche. Il rappelle par ailleurs, en ce qui concerne la pêche maritime, les sanctions administratives susceptibles de s’appliquer aux fausses déclarations ou à l’absence de déclaration des captures.

Zone(s) géographique(s) :
Date :
17/08/2026
Type d'actualité :
Juridique