Polynésie française : circulation à vitesse réduite dans les lagons durant la saison de migration des baleines
La vitesse de circulation des bateaux dans les lagons vient d’être limitée par la Polynésie française, afin principalement de réduire le risque de collisions avec les baleines à bosse durant leur saison de migration. Faisant évoluer la réglementation qui datait de la fin des années 1970, la loi du pays n° 2025-46 a ainsi été promulguée le 30 décembre 2025.
Un constat assez alarmant s’est imposé à la Polynésie française : elle « accueille chaque année un grand nombre de baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) venues se reposer et mettre bas dans (ses) eaux chaudes […] au cours de leur migration. Ces cétacés, emblématiques de la richesse de la biodiversité marine polynésienne, sont particulièrement vulnérables lorsqu’ils stationnent ou se déplacent lentement à proximité des récifs et des zones côtières.
Depuis plusieurs années, des cas de collisions mortelles avec des navires ont été observés sur le territoire, impliquant notamment des femelles accompagnées de leurs baleineaux, heurtées par des ferries, catamarans ou navires de plaisance. Ces incidents, qui suscitent une vive inquiétude au sein de la population et des associations environnementales, sont d’autant plus préoccupants qu’ils interviennent dans un contexte de développement des activités nautiques, touristiques et de transport interinsulaire à grande vitesse » (Rapport n° 87-2025 du 30 juin 2025 sur la proposition de loi du pays).
En effet, les baleines incarnent, pour les polynésiens, « [leurs] histoires, [leurs] légendes, [leur] famille et [leur] lien profond à l’océan », selon l’Association Oceania, à l’origine du premier programme anticollision du Fenua.
Pour protéger ces espèces, le code de l’environnement polynésien prévoit déjà qu’elles sont protégées et elles bénéficient aussi d’un sanctuaire marin. L’approche des mammifères marins à des fins d’observation, dite whale watching est également encadrée.
Cet arsenal législatif est complété par la loi du pays du 30 décembre 2025 modifiant la délibération n° 78-124 du 27 juillet 1978 lui adjoignant un article 2-1 selon lequel : « Durant la période de migration des baleines en Polynésie française, dont la durée est définie par arrêté pris en conseil des ministres, la vitesse des navires d’une longueur hors tout égale ou supérieure à douze mètres doit être inférieure à douze nœuds dans un périmètre d’un mille nautique en deçà des lignes de base.
Un arrêté pris en conseil des ministres détermine les îles et les zones de celles-ci sur lesquelles cette limitation de vitesse s’applique, après avis consultatif des communes concernées. »
Il est attendu qu’une telle réduction de la vitesse permette « de diminuer jusqu’à 80 % le risque de collision mortelle », selon l’Association Oceania. Ce ralentissement impactera surtout les navettes Tahiti-Moorea, dont le trajet ne sera rallongé que de 2 à 6 minutes.
À noter que les dispositions de l’article 2 de la délibération subsistent, imposant en tout état de cause une vitesse des navires inférieure à 5 nœuds lorsqu’ils se trouvent à moins de 70 mètres du rivage, des installations de pêche fixes ou mobiles et des ouvrages portuaires.