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Polynésie française : une réserve naturelle intégrale dans le lagon de Matira (Bora Bo-ra)

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L’arrêté n° 2566 CM du 19 décembre 2025 vient créer une réserve naturelle intégrale, catégorie de protection la plus stricte du code de l’environnement polynésien. D’une superficie de 574 hectares, elle est baptisée Popora Rahui en référence à l’ancien nom de l’île, dans le lagon de Matira, au sud de Bora Bora. 

Ainsi que l’expose le rapport n° 139-2025 du 3 octobre 2025, à partir de 2019, des recherches scientifiques ont été menées par le Centre de Recherches Insulaires et OBservatoire de l’Environnement (CRIOBE), La Polynésienne des Eaux, l’association la Vai Ma Noa Bora Bora, le Comité du tourisme et la commune de Bora Bora, tous ayant élaboré un projet de recherche et de conservation intitulé « Bora-Biodiv », lequel vise à évaluer l’état de santé du lagon de Bora Bora.

Ces recherches ont mis au jour une diminution de la taille des poissons, une baisse des stocks de bénitiers et d’oursins, ainsi qu’une pression croissante exercée sur le lagon de Bora Bora par les activités humaines.

Face à ces résultats, un long processus visant à instaurer une zone protégée sur le site de Matira, dans la commune associée de Nunue à Bora Bora, s’est engagé. Cette mesure, largement plébiscitée comme moyen approprié de préserver les ressources marines, a finalement été entérinée par l’arrêté du 19 décembre 2025.

Celui-ci classe une partie de l’espace maritime en réserve naturelle intégrale dite de « catégorie Ia », soit le plus haut niveau de protection prévu par l’article 2111-2, I du code de l’environnement de la Polynésie française.

Cette zone couvre 574 hectares et s’étend sur 7,2 kilomètres de long et 750 mètres de large.

Parmi les objectifs de gestion de la réserve naturelle intégrale définis par l’arrêté, figurent la préservation des espèces et de la diversité génétique (bénitiers - pahua, oursins - vana, concombres de mer - rori et poissons de lagon), la recherche scientifique et, également la protection des espèces et le maintien des fonctions écologiques.

Les interdictions permettant d’atteindre ces objectifs sont strictes : ni circulation ou stationnement, quel que soit le moyen de transport utilisé, ni pêche, ni prélèvement d’espèces marines, ni activités nautiques, ni bruit de nature à troubler la tranquillité des lieux.

Les infractions sont réprimées conformément aux articles 2300-1 et suivants du code de l’environnement de la Polynésie française (voir le Guide juridique des espèces et espaces naturels protégés en Polynésie française, pages 14 et 15).

Peuvent être attribuées des dérogations « spéciales ponctuelles », notamment pour le suivi environnemental et la recherche scientifique, la mise en œuvre du programme de gestion, la valorisation environnementale, culturelle et éducative de l’espace protégé, ou encore les évènements sportifs ou culturels impliquant des engins non motorisés. Les personnes bénéficiant de ces autorisations spéciales doivent néanmoins respecter une vitesse de navigation inférieure à 4 nœuds et limiter au strict nécessaire les risques d’atteintes aux écosystèmes et aux espèces de la réserve.

Enfin, est créé un comité de gestion de la réserve naturelle intégrale de Matira, dénommé tomite poporāhui, et chargé d'assurer la gestion et le suivi de l'espace protégé. Composé de 17 membres, il est notamment chargé de proposer, mettre en place et assurer le suivi d’un plan de gestion de la réserve ainsi que d'étudier et d'émettre un avis conforme aux demandes de dérogations.
 

Zone(s) géographique(s) :
Date :
19/12/2025
Type d'actualité :
Juridique