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Saint-Pierre et Miquelon : relocalisation du village de Miquelon à cause du risque de submersion marine

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Évènement suffisamment rare pour être relevé, Miquelon, petit village de 600 habitants situé sur l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon, subissant de plein fouet les aléas du changement climatique et submergé par les vagues lors des tempêtes les plus violentes, est en passe d’être relocalisé à un kilomètre à vol d’oiseau, prenant ainsi de la hauteur par rapport au niveau de la mer. Ainsi le Préfet a-t-il adopté le 30 juillet 2025 un arrêté portant autorisation environnementale relative à la première phase d’aménagement de relocalisation du village de Miquelon

 

Se voulant exemplaire en matière de développement durable, le projet de relocalisation est considéré comme « un laboratoire français de l’adaptation » suivi de près par l’État et les communes confrontées à l’érosion de leurs côtes. Une étude conjointe du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) et de la Direction des Territoires, de l’Alimentation et de la Mer (DTAM) de Saint-Pierre et Miquelon sur la vulnérabilité du territoire face aux risques littoraux a pu montrer que « d’ici 2100, sous l’effet conjoint d’une élévation du niveau de la mer et d’une tempête, le village de Miquelon peut être concerné par des risques de submersion marine » venant de l’océan et du Grand Étang de Miquelon. Pire, « le village est condamné à moyen et long terme » selon le maire de la commune prenant acte du « plan de prévention des risques littoraux (PPRL) » en vigueur depuis le 28 septembre 2018.

C’est dans ces conditions que le projet de relocalisation a été pensé en deux phases : 

- la première dite « urgente et pionnière » fait l’objet de l’autorisation environnementale : elle consiste en l’aménagement du nouveau village afin de « permettre en urgence aux primo-accédants de se loger sur la commune, d’amorcer la relocalisation des habitants et de disposer d’un équipement refuge en cas d’évènement climatique majeur » ; 

- la seconde phase prévoit l’urbanisation complète du site sur environ 250 parcelles, ce qui fera l’objet d’autorisations ultérieures.

L’autorisation environnementale permet donc à la commune de Miquelon-Langlade de réaliser la première phase du projet, et notamment d’aménager pour le viabiliser un terrain de 5 hectares, ce qui aura pour effet d’intercepter les eaux pluviales des bassins versants et d’imperméabiliser une zone humide. Il s’agira également de créer une station d’épuration. 

L’autorisation est par ailleurs assortie de nombreuses prescriptions, tant en phase travaux qu’en phase d’exploitation. Elle prévoit aussi des mesures d’évitement, de réduction et de compensation des incidences sur l’environnement, telle que la renaturation de l’actuel village. 

Pour aller plus loin : 

Voir le projet d’Awala-Yalimapo en Guyane, ou de Lacanau, commune du littoral aquitain.

Zone(s) géographique(s) :
Date :
30/07/2025
Type d'actualité :
Juridique