Usine de dessalement d’Ironi Bé à Mayotte : suspension de l’autorisation environnementale sous réserve de régularisation
Le 31 juillet 2026, le Tribunal administratif de Mayotte (n° 2501809) prononce la suspension de l’autorisation environnementale issue de l’arrêté préfectoral du 3 juillet 2025 concernant la construction de l’usine de dessalement d’Ironi Bé sur la commune de Dembéni et accorde un délai de six mois au maitre d’ouvrage et au Préfet de Mayotte pour notifier au tribunal une mesure de régularisation de plusieurs illégalités.
Par un jugement du 31 juillet 2026 (n° 2501809), le tribunal administratif de Mayotte suspend l’autorisation environnementale issue de l’arrêté préfectoral du 3 juillet 2025 et, par suite, sursoit à statuer sur la demande des associations Mayotte Nature Environnement (MNE), France Nature Environnement (FNE) et Groupe d’études et de protection des oiseaux à Mayotte (GEPOMAY) d’annuler ladite autorisation.
La suspension de l’autorisation environnementale est due aux trois illégalités suivantes :
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le non-respect des exigences environnementales en l’absence d’information du Parc naturel marin de Mayotte sur les rejets chimiques dans le lagon et une compensation insuffisante pour la destruction des zones humides ;
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l’absence de mesures de protection des écosystèmes marins, en ce qu’aucun écran anti-matière en suspension (MES) n’a été installé pour limiter l’impact des travaux sur les fonds marins ;
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le manquement à la protection d’une espèce protégée, le Palétuvier gros poumon (Bruguiera gymnorhiza), pour laquelle aucune mesure spécifique n’a été prévue pour la préserver.
Le tribunal estime, en revanche, que, bien que le projet aurait dû faire l’objet d’une enquête publique, la mise à disposition du dossier du projet (du 18 mars au 17 avril 2025) a été suffisante compte tenu de la large participation du public à cette procédure.
Un délai de six mois est par conséquent accordé au Syndicat LEMA et au préfet de Mayotte pour régulariser les trois illégalités identifiées. À l’issue de ce délai, le tribunal statuera définitivement sur la requête des associations.