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Projet ReMaCAP - Requins Marteaux par Caméras Appâtées Pélagiques

Le projet ReMaCAP (Requins marteaux par caméras appâtées pélagiques) a été initié afin d’améliorer les connaissances sur la présence et le comportement des requins marteaux autour de La Réunion. Cette espèce, classée en danger critique d’extinction par l’UICN et non protégée localement, fait l’objet d’une attention particulière, car les côtes réunionnaises semblent jouer un rôle important de nurserie pour les juvéniles. Si plusieurs observations ponctuelles existent, peu de données robustes permettent aujourd’hui d’évaluer l’état des populations et d’orienter d’éventuelles mesures de gestion.

Pour répondre à ce manque de connaissances, Shark Citizen a mis en place un protocole basé sur l’utilisation de caméras appâtées pélagiques dérivantes. Ces dispositifs consistent en des caméras sous-marines associées à un appât, permettant d’attirer et de filmer les espèces présentes dans la colonne d’eau. Quatre stations ont été retenues sur la côte ouest de l’île (baie de Saint-Paul, sec de Saint-Gilles, pointe au Sel et étang du Gol), correspondant à des zones historiquement connues pour la présence de requins marteaux.

Entre août et décembre 2024, dix journées d’échantillonnage ont permis de réaliser vingt déploiements de dispositifs, soit 135 heures d’enregistrement. Malgré cet effort conséquent, aucun requin n’a été filmé, qu’il s’agisse de requins marteaux ou d’autres espèces. Une seule observation visuelle de requin marteau a été rapportée en surface lors d’une sortie, mais elle n’a pas été enregistrée par les caméras. Ces résultats sont cohérents avec d’autres études menées localement : plusieurs protocoles similaires de caméras appâtées benthiques n’ont permis d’observer que très peu d’individus, ce qui interroge sur la densité réelle des populations, leur comportement face aux dispositifs ou encore l’impact de la pression de pêche.

Afin de vérifier la pertinence du protocole, une mission complémentaire a été organisée au mont sous-marin La Pérouse, à environ 90 milles nautiques au sud de La Réunion. Ce site, déjà connu pour sa richesse en grands pélagiques, a fait l’objet de deux campagnes de 12 heures chacune, menées avec la société Mokarran Consultant et en utilisant exactement le même matériel. Les résultats y ont été bien plus encourageants : 11 requins observés, dont 1 requin marteau, 3 requins tigres, 6 requins pointes blanches et 1 individu non identifié, ainsi que de nombreux bancs de poissons pélagiques. Ces observations confirment que le protocole et le matériel sont parfaitement adaptés pour détecter ces espèces lorsqu’elles sont présentes en densité suffisante.

Le contraste marqué entre La Réunion et le mont La Pérouse met en lumière plusieurs enjeux. D’une part, il suggère que les eaux réunionnaises accueillent très peu de requins pélagiques observables par ce type de méthode, ou que leur comportement vis-à-vis des dispositifs les rend difficiles à détecter. D’autre part, il confirme le potentiel de zones comme La Pérouse, où la biodiversité pélagique reste importante malgré la pression de pêche qui s’y exerce.

En conclusion, le projet ReMaCAP a permis de démontrer la faisabilité technique et scientifique de ce type d’étude, tout en soulignant les limites de son application directe à La Réunion. La méthode apparaît peu adaptée aux eaux réunionnaises, car l’effort d’échantillonnage requis pour obtenir un nombre significatif d’observations serait trop élevé. En revanche, elle se révèle particulièrement pertinente au mont La Pérouse, où il serait souhaitable de poursuivre et d’amplifier les campagnes afin de mieux caractériser les populations de requins et de poissons pélagiques. Ces données pourraient contribuer à une réflexion plus large sur la gestion et la protection de cette zone stratégique de l’océan Indien.Le projet ReMaCAP (Requins marteaux par caméras appâtées pélagiques) a été initié afin d’améliorer les connaissances sur la présence et le comportement des requins marteaux autour de La Réunion. Cette espèce, classée en danger critique d’extinction par l’UICN et non protégée localement, fait l’objet d’une attention particulière, car les côtes réunionnaises semblent jouer un rôle important de nurserie pour les juvéniles. Si plusieurs observations ponctuelles existent, peu de données robustes permettent aujourd’hui d’évaluer l’état des populations et d’orienter d’éventuelles mesures de gestion.

Pour répondre à ce manque de connaissances, Shark Citizen a mis en place un protocole basé sur l’utilisation de caméras appâtées pélagiques dérivantes. Ces dispositifs consistent en des caméras sous-marines associées à un appât, permettant d’attirer et de filmer les espèces présentes dans la colonne d’eau. Quatre stations ont été retenues sur la côte ouest de l’île (baie de Saint-Paul, sec de Saint-Gilles, pointe au Sel et étang du Gol), correspondant à des zones historiquement connues pour la présence de requins marteaux.

Entre août et décembre 2024, dix journées d’échantillonnage ont permis de réaliser vingt déploiements de dispositifs, soit 135 heures d’enregistrement. Malgré cet effort conséquent, aucun requin n’a été filmé, qu’il s’agisse de requins marteaux ou d’autres espèces. Une seule observation visuelle de requin marteau a été rapportée en surface lors d’une sortie, mais elle n’a pas été enregistrée par les caméras. Ces résultats sont cohérents avec d’autres études menées localement : plusieurs protocoles similaires de caméras appâtées benthiques n’ont permis d’observer que très peu d’individus, ce qui interroge sur la densité réelle des populations, leur comportement face aux dispositifs ou encore l’impact de la pression de pêche.

Afin de vérifier la pertinence du protocole, une mission complémentaire a été organisée au mont sous-marin La Pérouse, à environ 90 milles nautiques au sud de La Réunion. Ce site, déjà connu pour sa richesse en grands pélagiques, a fait l’objet de deux campagnes de 12 heures chacune, menées avec la société Mokarran Consultant et en utilisant exactement le même matériel. Les résultats y ont été bien plus encourageants : 11 requins observés, dont 1 requin marteau, 3 requins tigres, 6 requins pointes blanches et 1 individu non identifié, ainsi que de nombreux bancs de poissons pélagiques. Ces observations confirment que le protocole et le matériel sont parfaitement adaptés pour détecter ces espèces lorsqu’elles sont présentes en densité suffisante.

Le contraste marqué entre La Réunion et le mont La Pérouse met en lumière plusieurs enjeux. D’une part, il suggère que les eaux réunionnaises accueillent très peu de requins pélagiques observables par ce type de méthode, ou que leur comportement vis-à-vis des dispositifs les rend difficiles à détecter. D’autre part, il confirme le potentiel de zones comme La Pérouse, où la biodiversité pélagique reste importante malgré la pression de pêche qui s’y exerce.

En conclusion, le projet ReMaCAP a permis de démontrer la faisabilité technique et scientifique de ce type d’étude, tout en soulignant les limites de son application directe à La Réunion. La méthode apparaît peu adaptée aux eaux réunionnaises, car l’effort d’échantillonnage requis pour obtenir un nombre significatif d’observations serait trop élevé. En revanche, elle se révèle particulièrement pertinente au mont La Pérouse, où il serait souhaitable de poursuivre et d’amplifier les campagnes afin de mieux caractériser les populations de requins et de poissons pélagiques. Ces données pourraient contribuer à une réflexion plus large sur la gestion et la protection de cette zone stratégique de l’océan Indien.

Rédacteur : Aymeric BEIN

Photos du projets

Le projet en bref

Nom du porteur de projet :
Association Shark Citizen
Année de l'AAP :
2023
Date :
-
Zone(s) géographique(s) :
Type d'appel à projets :
Micro-projet
Lieu(x) :

La Réunion

Objectif(s) :
Protection et surveillance -
Renforcement des connaissances -
Suivi de populations ou de milieux
Coût total du projet :

35 211 euros

Montant financé :

19 200 euros