Préservation du Pittosporum brevispinum

Il ne reste plus que 3 % de forêt sèche en Nouvelle-Calédonie, et le Pittosporum brevispinum, ou Pitto de Pouembout, y survit à peine : seuls 21 individus matures avaient été recensés à l'état sauvage lors de la dernière évaluation de l'UICN, qui classe l'espèce en danger critique d'extinction. C'est pour inverser cette tendance que le Centre d'Initiation à l'Environnement de Nouvelle-Calédonie (CIE.NC), association pionnière de l'éducation environnementale créée en 1996, a mené le projet TeMeUm entre 2025 et 2026, avec le soutien de l'Office Français de la Biodiversité, de la Mairie de Pouembout, de l'Agence Néo-Calédonienne de la Biodiversité et de la province Nord.


Le projet reposait sur quatre piliers : planter, multiplier, lutter contre les espèces exotiques envahissantes et sensibiliser. Entre février et juin 2026, six chantiers participatifs ont permis de mettre en terre 200 arbres et arbustes de forêt sèche dans trois zones de la forêt de Tipenga Nord, dont 153 pieds de Pitto de Pouembout. Grand public, lycéens du lycée Michel Rocard et stagiaires se sont relayés malgré des conditions difficiles : des pluies exceptionnelles en février et mars ont fait déborder le creek de Tia, déchaussant des plants et emportant piquets et étiquettes. Un suivi rapproché — mesures, arrosages, réparations après crue — a néanmoins permis d'atteindre un taux de survie remarquable de plus de 99 % au bilan du 13 août 2026.


En parallèle, le CIE.NC a sécurisé l'avenir de l'espèce en pépinière : après autorisation de la province Nord, des graines ont été collectées sur des pieds-mères et plus de 310 plantules ont ainsi été mises en godets à l'antenne Nord, dépassant l'objectif initial de 300 plants, en vue de nouvelles plantations en 2027-2028. Avec l'aide de lycéens, le CIE.NC a aussi mené deux chantiers d'arrachage d’aloès (Furcraea foetida), une plante envahissante qui menace la régénération de la forêt sèche.


Le volet pédagogique n'a pas été négligé : douze interventions de sensibilisation, en plus des chantiers eux-mêmes, ont touché environ 195 personnes directement — et jusqu'à 286 en comptant l'ensemble des 20 actions du projet. Plus de 200 livrets sur la forêt sèche ont été distribués, et une action a même fait l'objet d'un reportage diffusé au journal télévisé de Caledonia. Les évaluations menées auprès des enseignants confirment la qualité du dispositif, avec une note moyenne de 3,7 sur 4.


Mené dans un contexte marqué par la baisse importante des soutiens financiers, le projet TeMeUm a tenu l'ensemble de ses objectifs tout en respectant son budget prévisionnel d'environ 12 850 euros. Il illustre comment une mobilisation locale — associations, établissements scolaires, collectivités et bénévoles — peut concrètement changer la trajectoire d'une espèce menacée. Les prochaines étapes sont déjà tracées : poursuivre l'arrosage des jeunes plants face à la sécheresse, planter les nouveaux plants lors des prochaines saisons humides, et continuer à sensibiliser le public à la préservation des forêts sèches calédoniennes.

Photos du projets
Projet Pitosporum-CIEN.NC-Julien Barrault Projet Pitosporum-CIEN.NC-Julien Barrault Projet Pitosporum-CIEN.NC-Julien Barrault Carte des plantations Projet Pitosporum-CIEN.NC-Julien Barrault Projet Pitosporum-CIEN.NC-Julien Barrault Projet Pitosporum-CIEN.NC-Julien Barrault Projet Pitosporum-CIEN.NC-Julien Barrault Projet Pitosporum-CIEN.NC-Julien Barrault Projet Pitosporum-CIEN.NC-Julien Barrault

Le projet en bref

Nom du porteur de projet :
Centre d’Initiation à l’Environnement de Nouvelle-Calédonie
Année de l'AAP :
2025
Date :
-
Zone(s) géographique(s) :
Lieu(x) :

Nouvelle-Calédonie, Commune de Pouembout, Site de Tipenga Nord

Coût total du projet :

14 232 €

Montant financé :

6 658 €